La nouvelle loi ZERO PHYTO: Les zones tampons

Dans le cadre du Programme Wallon de Réduction des Pesticides (PWRP) une nouvelle étape vient d’être franchie ce 1er septembre 2014. Pour rappel, depuis le 1er juin, les trottoirs (appartenants au domaine public) ne peuvent plus être traités à l’herbicide. La nouvelle loi prévoit des espaces supplémentaires, dits « zones tampons », sur lesquels l’application des PPP sera interdite. Ces zones tampons concernent assez souvent les terrains privés c’est à dire les surfaces (graviers, pelouses, haies,…) proches d’une rigole.

Prenons le cas le plus simple : si votre trottoir est relié à un filet d’eau,  vous ne pourrez épandre de PPP sur ce trottoir. Mais au-delà, sur votre pelouse, par exemple, il faudra aussi compter une zone tampon d’un mètre, sur laquelle l’application de PPP ne sera plus autorisée (voir schéma, cas 1).

zones tampon

Illustration: CRIE de Liège

La loi « Zéro Phyto » est censée protéger au maximum les eaux souterraines et de surface de la contamination par les PPP. Si donc votre terrain privé jouxte un cours d’eau ou un plan d’eau, la zone tampon sans PPP sera de 6 mètres au moins (2).

D’autre part, si votre terrain est relié à un filet d’eau (valable également pour une eau de surface)  et qu’il accuse une pente égale ou supérieure à 10%, vous ne pourrez appliquer de PPP ni sur la pente, ni sur la zone tampon. Celle-ci prendra cours à partir de la rupture de pente et aura une largeur d’un mètre au minimum (3). 
Cependant, même s’il appartient au domaine public, l’entretien du  trottoir est à la charge du citoyen. Alors que faire ?

Des alternatives aux produits chimiques existent :

  • désherbagePréventivement, vous pouvez brosser régulièrement les joints des pavés afin d’éliminer la terre présente.
  • Vous pouvez utiliser les binettes, rasettes, couteaux et autres outils à désherber entre les pavés ou dans les graviers.
  • Contre les plantes aux racines plus coriaces (pissenlits, chardons,…) rien ne vaut l’arrachage à la main.
  • Un peu d’eau bouillante versée régulièrement finira par faire disparaître la plante indésirable. Le choc thermique fera flétrir la plante instantanément. L’utilisation d’un désherbeur thermique à flamme ou électrique au le même effet.

NB: L’utilisation d’eau de javel, de sel ou encore de vinaigre pour désherber le trottoir est nuisible pour les eaux de surface et souterraines.

Pour avoir plus de renseignements sur les techniques alternatives, rdv sur www.adalia.be ou visionnez la vidéo « Mauvaises herbes ».

Le Service Public de Wallonnie (DGO3) vient d’éditer deux documents concernant cette nouvelle réglementation:

Merci au Centre Régional d’Initiation à l’Environnement (CRIE) de Liège pour l’aide à la rédaction de cet article.

LA RECHERCHE ALERTE L’EUROPE SUR LE DANGER DES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

picto danger santé

Une étude de l’Alliance Environnement Santé (Heal) chiffrait le coût sanitaire de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, soupçonnés de provoquer certaines maladies, soit jusqu’à 31 milliards d’euros dans l’Union européenne. Pour avancer ce montant, les chercheurs ont identifié cinq types de pathologies en hausse : les problèmes de fertilité et anomalies sexuelles, les cancers (sein, prostate, testicules…), le diabète, l’obésité et l’autisme. Extrait de l’article de La Libre Belgique du 20/06/2014

On les trouve dans les jouets en plastique, les plats à micro-ondes, les cosmétiques, les pesticides, les boîtes de conserves,… Les perturbateurs endocriniens peuvent rentrer dans la composition de nombreux produits de synthèse rencontrés au quotidien. Ces molécules agissent sur l’équilibre hormonal de nombreuses espèces dont l’homme. Elles sont souvent susceptibles d’avoir des effets indésirables sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le développement et la fonction sexuelle et reproductrice.

Ces molécules ne sont pas toxiques au sens habituel du terme car elles peuvent perturber l’organisme de façon discrète et agissent à très faibles doses. Elles sont sources de maladies émergentes, en partie liées au mode de vie, et ont parfois un impact sur la descendance ou sur des populations entières. Exemples de cas :

  • Le distilbène, un des premiers œstrogènes de synthèse, a  été administré par voie orale à des femmes entre 1948 et 1977. Ce médicament s’est avéré nocif pour la mère et ses descendantes.
  • Aux Etats-Unis, l’effet perturbateur de l’atrazine, un herbicide très utilisé dans ce pays, a été démontré en étudiant les difficultés de reproduction de certains amphibiens.
  • Le bisphénol A, connu pour avoir des propriétés œstrogéniques, présent dans  l’eau contaminé, dans certains polymères et est soupçonné de jouer un rôle dans certaines fausses couches, l’obésité et certains cancers.

Ces perturbateurs remettent en question les approches réglementaires basées sur des seuils toxicologiques par produit, et sur le principe de Paracelse : « seule la dose fait le poison ». Suite à une analyse des connaissances actuelles sur les perturbateurs endocriniens, le Conseil supérieur de la santé (CSS) propose une série de recommandations pour répondre à cet enjeu crucial de santé publique.

Afin d’en savoir plus sur les conclusions de cette analyse, consultez l’article de la Fédération Inter-Environnement Wallonie : http://www.iewonline.be/spip.php?article6551

LE CAS DES NEONICOTINOIDES S’AGRAVE

Un rapport de plusieurs chercheurs indépendants reproche aux néonicotinoïdes de non seulement avoir un effet néfaste sur les abeilles, mais aussi sur d’autres animaux.

agricultureCes insecticides systémiques étaient déjà soupçonnés d’être responsable dans le déclin des populations d’abeilles, ce qui avait conduit à une suspension par l’Europe de l’usage de 3 d’entre eux (et du fipronil) en 2013.

Un groupe d’une trentaine de scientifiques indépendants ont analysés des centaines d’études parues ces dernières années concernant les insecticides systémiques*, fortement utilisés en agriculture et dans les jardins depuis plus de vingt ans. Selon les conclusions du rapport, les effets de ces pesticides sont bien plus graves qu’on ne le pensait. Les oiseaux, les poissons, les mollusques et d’autres invertébrés sont également touchés par ces produits toxiques, de par leur nature persistante dans l’environnement.

Afin d’en savoir plus sur le rapport, consultez cet article de la rtbf : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-pesticides-menacent-les-oiseaux-et-les-vers-de-terre-autant-que-les-abeilles?id=8299855

Afin de mieux connaître l’importance de l’usage des nicotinoïdes, lisez l’article paru dans Le Soir : http://www.lesoir.be/580720/article/demain-terre/environnement/2014-06-24/neonicotinoides-sont-partout

*qui pénètre et circule dans toute la plante, des feuilles jusqu’aux racines et aux fleurs

La nouvelle loi ZERO PHYTO: les espaces publics

Depuis le  1er juin 2014, une nouvelle législation concernant l’épandage des « produits phytopharmaceutiques » (ou PPP) est en vigueur. Autrement dit, on ne peut plus épandre n’importe quel pesticide où on veut et comme on veut ! Les communes et les pouvoirs publics sont en ligne de mire de cette nouvelle loi, mais le particulier est lui aussi concerné.

On désigne par « produit phytopharmaceutique » (PPP) un produit d’origine naturelle ou élaboré chimiquement, utilisé dans le cadre de la lutte contre les maladies et les ravageurs des plantes (les insecticides, les fongicides…) ou pour éliminer des végétaux indésirables (les herbicides). Les PPP destinés aux particuliers sont vendus en jardineries. Ils font partie de la famille des pesticides, tout comme les biocides (les pesticides à usage domestique), qui ne sont pas visés par la nouvelle législation.

Objectif de la loi « Zéro Phyto » ? Supprimer progressivement tout épandage de PPP dans les espaces publics et à proximité des eaux de surface (égouts, rivières, mares…), mais aussi dans les espaces privés fréquentés par des personnes considérées comme particulièrement vulnérables aux PPP. Le véritable « Zéro Phyto » devrait être atteint le 1er juin 2019 : un pas de plus, assurément, vers un environnement plus sain.

trottoir1

Terrains publics : certains trottoirs interdits de PPP ! Depuis ce mois de juin, il est désormais interdit d’épandre des produits phytosanitaires sur des terrains publics revêtus* s’ils sont à proximité d’un réseau de collecte (filet d’eau, égout…) ou d’une eau de surface (rivière, mare, etc.). En clair, si votre trottoir est « revêtu » et qu’il jouxte un filet d’eau, avec ou sans bouche d’égout, il vous sera interdit d’y appliquer quel que PPP que ce soit, qu’il soit labellisé « écologique » ou non.

Ces dispositions concernent tous les espaces publics. Il ne sera donc plus question d’utiliser un anti-mousse sur une pierre tombale s’il y a un filet d’eau ou une rigole à proximité. A noter que, de toute façon, l’usage des PPP sera totalement interdit dans les espaces publics à partir de 2019.


*Terrain revêtu : surface pavée, bétonnée, stabilisée, couverte de dolomie, gravier ou ballast (trottoir, cour, accotement, voie de chemin de fer, voirie, etc.)

PREPARATIONS A BASE DE PLANTES

Soignez vos plantes grâce à des recettes naturelles

Les préparations à base de plantes sont une « science nouvelle » qui n’ont, jusqu’à maintenant, fait l’objet d’aucune étude vraiment scientifique (si ce n’est récemment quelques essais en Suisse et en Allemagne). Les résultats présentés ci-dessous sont donc essentiellement le fruit d’expériences faites par des générations de jardiniers.

Avantages :

  • Ecologiques : les principaux ingrédients sont 100% biodégradables
  • Economiques : le matériel et les matières sont à la portée de tous
  • Sans danger : les plantes citées ne sont pas toxiques pour l’homme

On abordera ici 3 types de préparations :

  • Les purins ou extraits fermentés

On laisse fermenter les végétaux dans de l’eau à température ambiante. Il est conseillé d’utiliser de l’eau de pluie dans un récipient en plastique. Le récipient doit être recouvert, mais en permettant à l’air de circuler. Une fois que la fermentation est terminée (plus de bulles) veuillez filtrer la préparation.

  • Les macérations ou extraits à l’eau froide

Les plantes sont découpées le plus finement possible et mises à tremper dans de l’eau de pluie. Elles y resteront  au moins 24h et au maximum 3 jours après lesquelles on filtre la préparation.

  • Les décoctions

Après avoir laissé tremper 24h à température ambiante, on porte à ébullition et on laisse frémir l’eau pendant environ 30 minutes. Laisser reposer 12h la préparation et filtrer ensuite.

Attention : Ces préparations ne conservent leurs propriétés que quelques jours à l’air libre. Pour une utilisation ultérieure, conservez la préparation à l’abri de la lumière et des températures extrêmes et dans un récipient hermétique.

Les plantes et les recettes les plus courantes :

L’ortie orties

Macération de 1 kg d’ortie fraîche dans 10 litres d’eau (sèche : 200 g pour 10 litres) pendant 1 à 2 jours. Veuillez choisir des jeunes plantes non montées en graines.  Une pulvérisation sur les feuilles après une dilution de  1/50 éloignera préventivement les pucerons et acariens.

En purin, l’ortie stimulera la croissance des jeunes plantes et prévient du mildiou. Avant d’arroser vos plantes, veuillez à diluer la préparation à 1/20. Pure cette préparation est un herbicide très efficace.

La tanaisie tanaisie

2Kg de la plante entière fraîche dans 10 litres en purin (macération pendant une semaine) pour prévenir contre de nombreux insectes, la rouille et le mildiou. En arrosage selon une dilution de 1/5 à 1/10.

Décoction de 30g de fleurs sèches dans 1 l. A pulvériser pure contre certaines chenilles (la piéride et le carpocapse) au moment des vols et pour repousser de nombreux autres insectes.

La fougère fougère

Purin de1 kg de feuilles fraîches (100g sèches) dans 10 litres. A pulvériser après une dilution de 1/10 contre les pucerons. Elle s’utilise également en purin non-dilué contre les cochenilles, en prévention de maladies cryptogamiques et sur le sol contre les limaces et larves de taupin.

La prêleprêle

La décoction de prêle se fait avec  1 kg de la plante fraîche (150 g sèche), sans les racines, dans 10 litres d’eau pendant 24h. Une fois la préparation faite et après 12h de repos, elle est à pulvériser selon une dilution de 1/10 en prévision contre de nombreuses maladies cryptogamiques (rouilles, mildiou, oïdium,…). Une dilution à 1/5 repousse préventivement les pucerons.

L’ailail

Hachez un bulbe d’ail et mettez 75 g dans un litre d’eau afin d’en faire une décoction. Une fois la préparation terminée, diluez à 1/10 et pulvérisez vos plantes sensibles aux maladies cryptogamiques ou aux acariens. Commencez le traitement début mai en pulvérisant 3 fois, à trois jours d’intervalle et après la récolte.

Le sureau noir sureau noir

Un purin de 2 kg de feuilles fraîches dans 10 litres d’eau. Une fois la fermentation terminée, verser le purin non dilué dans les galeries (tous les 2 jours) contre les campagnols, les taupes et d’autres rongeurs. Une décoction de 150 g de feuilles et tige fraîches dans un litre d’eau servira, en pulvérisation non diluée, à éloigner les chenilles et pucerons.

Tableau récapitulatif

Nuisibles (ravageurs ou maladies)  Plantes utiles et préparations
Pucerons ortie (M), fougère (P), prêle (D), sureau (D)
Cochenilles fougère (P)
Acariens ortie (M), ail (D)
Chenilles tanaisie (D), sureau (D)
Maladies cryptogamiques ortie (P), tanaisie (P), fougère (P), prêle (D), ail (D)
Limaces et escargots fougère (P)
Rongeurs sureau (P)

M = Macération ; P = Purin ; D = Décoction

 

Bibliographie :

  •  « Soigner le jardin par les plantes » de Philippe Delwiche. Ed. Nature et Progrès Belgique. 2008
  •  « Purin d’ortie et Compagnie » de B. Bertrand et J-P. Collaert. Ed. Petiot.
  • « Les secrets de l’ortie » de B. Bertrand. Ed. De Terran.
  • Le guide du « Jardinage écologique en Lorraine ». Edité par l’Agence Régionale de l’Environnement en Lorraine. 2008

MONSANTO SE LANCE DANS LE BIOCONTROLE

Photo: Entocare

Photo: Entocare

L’actualité de la fin de l’année 2013 n’a pas manqué de commenter la décision du géant de l’agrochimie d’investir dans le secteur du biocontrôle. Vous avez peut-être lu dans la presse « Monsanto se met au bio », ce qui peut prêter à confusion : la multinationale ne s’est pas converti à la culture biologique mais a décidé de produire, via une société danoise, des bactéries utilisées en lutte biologique (biocontrol en anglais). Ces micro-organismes protègent les cultures des insectes nuisibles ou d’autres organismes pathogènes. Les techniques de lutte biologique, dont les lâcher d’auxiliaires, sont employés en culture conventionnelle, intégrée et biologique.

Le groupe américain s’est allié à la société danoise Novozymes, numéro un mondial des enzymes alimentaires et industrielles, afin de percer dans un marché prometteur, déjà en plein essor en Europe.

« Les deux entreprises ont mis en place [le partenariat] The BioAg Alliance afin d’identifier, développer et vendre des solutions à base de micro-organismes qui permettent aux agriculteurs du monde entier d’augmenter les rendements des cultures en utilisant moins d’intrants« , indiquent-ils dans un communiqué publié le 10 décembre. En ligne de mire, un marché de l’ordre de 1,6 milliard d’euros par an, « avec des taux de croissance à deux chiffres au cours des dernières années« .

Monsanto tente, par cette stratégie, de redorer son blason qui est salement entaché par leur réputation de destructeur de l’environnement et de dictateur du monde agricole. Espérons néanmoins que cela pourra contribuer réellement à diminuer la production des produits phytopharmaceutiques.

La lutte biologique vous intéresse-t-elle ? Voici quelques sociétés spécialisées dans le biocontrôle Europe :

DES ABRIS POUR LA FAUNE UTILE

Un jardin trop « propre », sans bois mort, sans tas de branches ou dépourvu d’une zone d’herbes sèches, limite les abris naturels pour la faune utile. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un grand jardin ou la possibilité de l’aménager comme bon lui semble, Il est très facile de fabriquer vous-même des abris.abris à insectes 3

  • Afin d’accueillir au mieux les abeilles et guêpes solitaires, qui sont de précieux polinisateurs, il vous suffit de trouver des rameaux à tiges creuses (ou à moelle). Ces insectes pondent dans les tiges au printemps ou profitent d’un autre système qui consiste à percer une buche de trous de 2 à 12mm de diamètre.
  • Dès que l’hiver approche, les hérissons ont besoin de se protéger du froid. Son abri est constitué d’une caisse en bois avec une ouverture et recouvert d’un tas de feuilles ou de branches. Cet animal sympathique débarrassera votre jardin des limaces.
  • abris à insectes 4Les perce-oreilles colonisent rapidement des pots de fleurs renversés remplis de foin (légèrement humide et un peu tassé) déposés dans les endroits où ils sont nombreux. Gros mangeurs de pucerons la nuit, déplacez l’abri au cours de la journée pour l’accrocher dans un arbre ou près d’une plante attaquée.
  • Les coccinelles, grands prédateurs de pucerons, ont aussi besoin de se protéger du froid. Des planches en bois superposées et séparées de 5mm feront leur bonheur.
  • N’oublions pas les oiseaux et en particuliers les mésanges qui se nourrissent de larves et de chenilles au printemps. Placez un nichoir (de taille adaptée) dans un endroit tranquille et à l’abri des chats.

Bien entendu, vous pouvez aussi trouver toutes sortes d’abris et de nichoirs dans le commerce. Cependant, il faut relativiser le succès de ces constructions et autres hôtels à insectes : ils ne sont pas toujours occupés la première année et ces animaux préféreront toujours un abri naturel (si il est présent) à un abri artificiel. Veillez à toujours orienter l’abri à insectes vers le sud et le protéger de la pluie.

Pour plus d’informations :